Burn-Out

Reconnaître le « burn-out »


Il s’agit de la première étape pour lutter contre cette souffrance du soignant. Il existe plusieurs niveaux d’intensité des symptômes, qui évoluent dans le temps, souvent en s’aggravant. De plus, la personne concernée ici est un de nos confrères. Ce qui implique qu’elle possède les connaissances pour cacher ses symptômes le plus longtemps possible, et qu’elle peut éprouver une certaines réticence à avouer ses faiblesses psychologiques.


Les symptômes


-Somatiques : fatigue permanente, céphalées, troubles gastro-intestinaux etc.

-Psychiques : épuisement mental avec anxiété, stress, dépression, baisse de l’estime de soi…

Perturbations cognitives : troubles de l’attention, de la mémoire, de la vigilance

-Comportementaux : irritabilité, exaspération, défaillance du contrôle de soi, labilité émotionnelle, hypersensibilité

Perte d’une « libido professionnelle » : désintérêt, démotivation sont parfois compensés par une hyperactivité, un hyper investissement de lutte et de déni.


Il serait réducteur de borner cette définition à ces seuls symptômes. Les facultés d’ajustement et d’adaptation suffisantes au début finissent par être dépassées et induisent des réactions défensives, ainsi que la mise en place d’attitudes négatives (refus, pessimisme, rigidité, intolérance, ou toute puissance). La perturbation relationnelle se traduit par des attitudes standardisées ou cyniques, une défiance, des rapports impersonnels, déshumanisés, mécaniques. Le médecin a des difficultés à accepter ces symptômes et à se reconnaître dans ces comportements contradictoires. Beaucoup parlent d’un changement professionnel. Cette réticence est également liée à la difficulté d’une prise en charge discrète surtout dans les petites villes.


État le précédant


Le « burn-out » n’arrive pas d’un seul coup, il est précédé par divers états conduisant à cet épuisement. Le professionnel de santé passe par 4 phases successives :


L’enthousiasme : il est d’abord porté par un enthousiasme débordant qui lui fait tout voir en rose et lui donne le sentiment qu’il va faire de grandes choses. Il se dépense sans compter pour les patients et s’en trouve profondément gratifié.

La stagnation : quelques obstacles commencent à freiner cet enthousiasme. Le soignant est déçu par certains patients et fatigué de devoir se battre face à l’administration. Il compense ce déficit de plaisir par un surinvestissement qui s’avère contreproductif : sa santé s’altère, il dort mal, crée des tensions au sein de sa famille, néglige sa vie intime.

La désillusion, la frustration : le soignant commence à douter du sens de son travail, de ses jugements et de ses compétences. Les patients lui apparaissent ingrats et pénibles, les collègues irrespectueux ou indifférents. Il se sent déconsidéré et devient irritable pour ses proches. Sa santé se dégrade. Il a recours à des médicaments qu’il s’auto administre et/ou se met à abuser de l’alcool, ce qui ne fait qu’accélérer le processus d’aliénation.

L’apathie, la démoralisation : le soignant est dans l’impasse, il n’a plus aucune considération ni pour lui-même, ni pour les patients qui l’indiffèrent ou qu’il méprise. Son travail n’est plus qu’alimentaire et il s’y soumet avec un cynisme qui se retourne contre lui : il songe à tout arrêter, voire à se suicider. La dépression est grave et l’issue passe par des soins spécialisés.


Test standardisé


Il existe un test standardisé, reconnu, pour évaluer le niveau de « Burn-out » d’un soignant. Il s’agit du test de MASLACH. Il évalue le niveau d’Epuisement émotionnel, de Dépersonnalisation, et d’Accomplissement personnel (élément protecteur). Vous pouvez le retrouver dans l’onglet «Téléchargements».




Comment réagir face au diagnostic de « burn-out » ?


La prévention primaire


Comme pour toutes maladies, il est préférable de faire de la prévention primaire et de traiter le problème avant qu’il n’arrive. Il est donc important de lever le tabou du « burn-out » pour en discuter en amont avec ses co-internes, sa famille, ne pas attendre l’écrasement pour en parler. Restons vigilants aux signes d’alarmes physiques et psychologiques, aux actes manqués. La triade fatigue + démotivation + difficultés matérielles paraissant ingérables doit conduire à demander un avis médical.

La vie hors médecine prend tout son sens dans la lutte contre l’épuisement professionnel. Il faut savoir s’évader du quotidien, et élargir ses centres d’intérêts. Il est aussi nécessaire de rompre l’isolement, par exemple en assistant à des FMC (qui permettent d’échanger en conviviale confraternité), à des groupes de paroles de type Balint…


Une fois le diagnostic posé


La première des choses à faire est sans doute d’en parler autour de soi.
Il existe également des numéros de téléphone vers des plateformes d’aide psychologique au «burn-out» réservés au médecin, accessibles 24h/24 et 7j/7 :


0826 004 580




Ce que dit la loi


L’interne, de par son statut de travailleur et d’étudiant peut bénéficier de deux accès différent à des consultations médicales : le service universitaire de médecine préventive et de promotion de la santé, et la médecine du travail.


La médecine universitaire


Chaque université organise une protection médicale au bénéfice de ses étudiants. Elle crée, à cet effet, un service universitaire de médecine préventive et de promotion de la santé.

Tout étudiant est donc libre de consulter le service universitaire de médecine préventive et de promotion de la santé.


La médecine du travail


Depuis 1971, les consultations de médecine du travail son obligatoire pour tout travailleur pour:

-Une mise au travail : embauche ou réintégration

-Une reprise du travail après : maladie, maternité, accident du travail ou maladie professionnel

-Une surveillance systématique annuelle

-Une surveillance médicale particulière (ne concerne pas les internes)

-Une surveillance médicale occasionnelle : à la demande de l’intéressé, à la demande de l’employeur, pour urgence.

De plus, avant de prendre ses fonctions, l’interne doit justifier, par un certificat délivré par un médecin hospitalier, qu’il remplit les conditions d’aptitude physique et mentale pour l’exercice des fonctions hospitalières.


Cependant, il y a, pour l’heure, un vide législatif concernant la détection et la prévention spécifique du «Burnout».

Il est à noter que dans le cadre d’un temps partiel thérapeutique, l’interne peut être dispensé des gardes et astreintes dès lors qu’il en fait la demande et après accord du médecin du travail.